Capitales et majuscules, FAQ, Grammaire, Orthotypographie

Faut-il accentuer les capitales ? (Oui.)

En un mot : principe capital, il est interdit d’interdire (d’accentuer).

L’accentuation des lettres capitales (ou majuscules) est non seulement possible aujourd’hui, mais souhaitable, contrairement à une certaine tradition scolaire ou aux limites qui étaient celles de nos anciennes voire antiques machines à écrire.

Précisions

La tradition scolaire française (écriture cursive) prohibait l’accentuation des majuscules. Il en va de même de certaines «marches typographiques», dans la presse quotidienne notamment, avec quelques nuances sur lesquelles nous ne nous étendrons pas.

Ce n’est pas pour autant la règle typographique. Les limites qui ont pu exister à l’époque des machines à écrire ne s’imposent plus avec les ordinateurs, les tablettes et même les ordiphones (smartphones) dont les claviers numériques proposent des options d’accentuation ou de ligatures (æ au lieu de «ae»).

S’agissant de l’imprimerie traditionnelle, l’accentuation des capitales remonte à loin comme le faisait déjà remarquer Yves Perrousseaux (Manuel de typographie française élémentaire, Atelier Perrousseaux éd., 8e éd. 1995-2005, p. 33.):

C’est dans le courant du XVIe siècle qu’on a progressivement pris l’habitude de mettre l’accent sur les bas de casse et sur les capitales pour traduire la prononciation. (Ce passage est en gras dans le texte d’origine.)

Comment faire ?

Voir cet article détaillé.

En savoir un peu plus…

« On n’accentue pas les majuscules » : au nom de cette tradition scolaire, l’accentuation des lettres capitales est parfois condamnée… À tort comme le rappelle le Lexique des règles en usage à l’Imprimerie nationale (Imprimerie nationale, Paris, 4e éd., 1990-1997):

Accent (utilité de l’)
En français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture et fait hésiter sur la prononciation, sur le sens même de nombreux mots. Aussi convient-il de s’opposer à la tendance qui, sous prétexte de modernisme, en fait par économie de composition, prône la suppression des accents sur les majuscules.
On veillera à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À. On évitera ainsi de désorienter le lecteur ou même de l’induire en erreur comme ce pourrait être le cas dans les deux exemples suivants, si les accents étaient omis :
«ENFANTS LEGITIME» et «ENFANTS LÉGITIMÉS» de Louis XIV
«ETUDE DU MODELE» et «ÉTUDE DU MODELÉ».

La première phrase de la citation a été reprise in extenso (mais sans être sourcée) sur le site de l’Académie française («Accentuation des majuscules»). Si elle ne saurait être regardée comme une autorité au sens juridique du terme, c’est néanmoins le signe que l’institution supposée conserver la langue ne voit pas, tant s’en faut, dans l’accentuation des capitales — et plus largement, l’usage de signes diacritiques comme la cédille — une atteinte à la tradition.

  • Voir aussi l’article «Accentuation» sur le site d’Orthotypographie (Jean-Paul Lacroux).
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