Expressions et vocabulaire, Norme et usage, Questions-Réponses

Faire parti ou faire partie ?

En un mot : «faire partie», c’est être une partie d’un ensemble. On expliquera aussi la différence entre «prendre parti» (sans e) et «prendre à partie».

Question

Est-ce qu’on écrit : « elles font parties » ou « elles font parti » ?

Réponse

Dans tous les cas, on fait partie : on est une partie d’un ensemble :

  • Mon voisin fait partie du conseil municipal.
  • Ces amis font partie du club de gym.
  • Mes grands frères ont fait partie du club de rugby.
    Mes petites sœurs en font partie aussi.
  • Je fais partie des abonnés au journal local.

«Prendre parti», mais «prendre à partie»

Prendre le parti de quelqu’un, prendre parti pour quelqu’un

C’est se mettre du côté du quelqu’un. Le mot parti est très souvent employé avec le sens de parti politique, mais ne s’y limite pas. Tirer le meilleur parti est lié à un sens ancien (celui de prise de bénéfice). Prendre un parti, c’est se décider en faveur de telle ou telle option. Prendre son parti, c’est décider d’une option, d’une opinion; être de parti pris, c’est vouloir la faire prévaloir

Souvenez-vous que «prendre le parti de quelqu’un», c’est aussi «épouser son parti»… et qu’un beau parti fait référence à une fiancée ou un fiancé à la situation matérielle ou à la dot avantageuse.

Dans un sens aujourd’hui vieilli, un «parti» est un groupe de gens hostiles, le plus souvent des soldats ennemis.

Prendre à partie

La partie, dans ce sens, est la partie adverse, opposée dans un procès. Prendre à partie, c’est littéralement entamer une action juridique, puis accuser quelqu’un ou s’en prendre à lui en raison d’un motif existant (connu ou inconnu des tiers).

Si M. Dupont et M. Durand sont en procès, mais que leurs avocats négocient une transaction amiable, on écrira : Les parties se sont mises d’accord sur un compromis dont le tribunal a pris acte.

Sous l’influence de prendre parti pour quelqu’un, on trouve parfois l’erroné °prendre à parti. Grevisse et Goosse (Bon Usage, 14e édition, § 306, b, 1) mentionnent des emplois dans cette graphie (°parti) chez Robert Mallet (Entretiens avec Léautaud), Marcel Jouhandeau, Marcelle Auclair (Vie de Jaurès), Thierry Maulnier [de l’Académie française, soulignons-le] (Le Figaro). Grevisse et Goosse considèrent cependant ces exemples comme insuffisants pour remettre en cause la graphie prendre à partie.

Le Dictionnaire de l’Académie française ne mentionne que prendre à partie avec l’explication suivante : «Prendre quelqu’un à partie, au cours d’une action en justice, attaquer une personne qui n’était pas à l’origine un adversaire et, (au sens figuré], s’attaquer à quelqu’un.»

Un petit virelangue de circonstance

Nous fûmes pris à partie par un fort parti d’adversaires qui voulaient nous contraindre à prendre parti pour leur champion. Une partie d’entre eux se montrant violents, nous refusâmes de nous soumettre à leur parti pris… Mais nous sommes partis à temps.

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