Expressions et vocabulaire, Grammaire, Norme et usage

«Il y va de…» ou «il en va de…»?

En un mot : Il y va de… renvoie à l’enjeu (votre vie, votre santé, votre avenir); il en va de… annonce une comparaison (de la météo comme de l’astrologie, en plus fiable ça va de soi).

Question

Quelle est la différence entre il EN va de votre responsabilité et Il Y va de votre responsabilité?

Réponse

Dans votre question, le premier cas (il en va de…) est erroné dans ce cas précis (mais il en va de… est adapté à d’autres situations).

Précisons la différence entre les deux constructions.

Il Y va de… annonce ce qui est en jeu :

  • Il y va de votre disgrâce, fait-on dire au cardinal de Richelieu dans une adaptation filmée des Trois Mousquetaires.
  • Il y va de sa ruine ou de sa fortune : de l’opération à laquelle renvoie y (une spéculation, un projet immobilier, un investissement…) découlera l’avenir de la personne dont on parle (sa ruine, en cas d’échec; sa fortune, en cas de succès).

Il EN va de… est l’équivalent de il en est de. Dans les deux cas, en renvoie à une comparaison immédiate ou l’introduit:

  • Il en va des élections comme de la météo : il est plus facile d’expliquer après pourquoi cela s’est produit que de le prévoir exactement avant.
  • N*** vient d’abandonner le parti de A*** pour celui de B***: Il en va ainsi de la politique : les serments solennels de fidélité ne sont pas plus constants que le vent qui fait tourner les girouettes.

L’Académie française donne l’exemple suivant :
L’automne a été très chaud, il en allait bien autrement l’an dernier.
La comparaison, ici, précède (l’automne qu’on vient de connaître par opposition à celui de l’année dernière).

Petit truc : on peut toujours remplacer «il en va de» (+ comparaison) par «il en est de» (+ comparaison), par «il y va de». Faites l’essai et voyez comment cela sonne à votre oreille.

Dans ces deux cas, la construction avec de est particulière. Elle est toujours impersonnelle (comme le il de il pleut, il neige qui ne représente rien). Et cet impersonnel n’admet que le masculin singulier (il), parce qu’il ne peut pas décliner d’autres marques de variation grammaticale.(féminin, pluriel).

Des allées sans venues

Évidemment, on peut avoir des doutes en écrivant ou en disant : Il y va de bon cœur. Mais ce de est lié à «bon cœur», pas au verbe. Du reste, on peut opérer des variations en genre (masculin/féminin) ou en nombre (singulier pluriel) : il y va, elle y va, ils y vont, elles y vont… mais toujours de bon cœur (ou, au contraire, de mauvais poil comme un retour au boulot un lundi matin).

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